loulou22

 

Je ne suis pas quelqu'un qui sait à l'avance de quoi sa vie sera faite. Si au quotidien, j'apprécie l'illusion d'avoir le contrôle sur les choses, quand je me projette, si l'avenir est trop précisément dessiné, j'ai tendance à paniquer. J'aime le flou artistique, l'idée, c'est ce qui se produit en dépit de nos projets. Il y a des bases, des certitudes, qui guident mes choix et mes pas. Depuis que j'ai 15 ans, je sais que l'amour est ce qui m'importe le plus. Je n'ai pas la fibre carriériste. J'aime la compagnie de mes amis, mais je suis aussi plutôt solitaire. En somme, ma vie rêvée tient en peu de choses : Une vie amoureuse sereine, une vie de famille épanouissante, de bons livres, du temps pour rêver et suivre mes lubies.

Je suis une grande amoureuse, je porte le couple aux nues, mon mari est d'ailleurs mon premier amour et à bientôt 29 ans, on a plus de 12 ans de couple derrière nous. J'ai longtemps pensé ne pas vouloir d'enfant, et puis finalement, à être aussi amoureuse, j'en ai eu envie, le coeur et le corps se sont réveillés, et une fois de plus, j'ai suivi mes envies, au jour le jour, mise face à mes contradictions, à nouveau.

Il y a presque 3 ans, je suis tombée enceinte en claquant des doigts. L'arrêt de la contraception s'est suivi de très près par un test positif. Et nous avons été emporté dans un nouveau tourbillon ! En début de grossesse, j'avais des idées bien arrêtées : je ne souhaitais pas allaiter, par exemple. Je ne savais pas encore à quel point les certitudes ne valent pas grand chose face au bouleversement que représente la maternité. Et c'est tant mieux, j'aime être surprise. Je ne sais pas si le fait d'avoir détesté ma grossesse m'a permis de tant aimer la vie de maman, dès le départ. Toujours est-il qu'une fois ma fille née, le centre de monde monde est sorti de son axe, et mes priorités ont changé du tout au tout.

Voilà deux ans que je fais pousser mon petit bouchon, à temps-plein (le travail, c'est tabou, on en viendra tous.. ^^) et avec elle, je me suis découvert être une autre personne. J'ai réalisé que j'avais des trésors de patience, et ça, je ne m'y attendais tellement pas...

Un jour à la fois, elle a grandi, passant du stade nourrisson à celui de bébé, pour devenir un tout petit bout de rien du tout, et là, je devine déjà la petite fille qu'elle sera dans quelques mois. Elle me ressemble beaucoup physiquement, mais je commence à voir en elle le sourire de son papa, et son regard aussi. Je suis le type de maman insupportablement fière de sa progéniture, du moindre de ses progrès, absolument subjective, et entrée bien malgré elle et pour son plus grand bonheur dans une espèce de servitude volontaire à son égard. Je suis une maman à plein-temps, et pour une raison que je ne m'explique pas, moi la boule d'énergie sans patience, excessive et irritable, j'y ai trouvé un tel épanouissement que ça m'en donne le tournis, parfois. Car cet équilibre ne peut être que provisoire (elle a deux ans, je suis encore le centre du monde, mais bientôt, tout ça changera...) et que je suis incapable de savoir ce qui viendra, ensuite.

Elle est une petite fille sage et calme, depuis sa naissance. C'est vers deux mois qu'elle a commencé à pleurer un petit peu. Elle était ce bébé pour parents débutants : bonne mangeuse, bonne dormeuse, de bonne composition et très curieuse. Un petit bébé volontaire et décidé, qui a toujours voulu aller plus vite que la musique. Elle a été tellement facile à aimer, et je m'étonne chaque jour de voir que cet amour absolu est pourtant encore capable de gagner en profondeur. Je pensais, avant elle, ne pouvoir aimer personne d'autre plus fort que je n'aimais déjà mon mari. Bien sûr, je me trompais.

Aujourd'hui, elle vient de fêter ses deux ans. Elle marche depuis longtemps, elle court, et essaie de sauter. Elle aime passionnément son chat, ses parents, et commence à réclamer ses copains. Elle m'aide comme elle le peut, avec toutes ses maladresses et ses hésitations. Elle s'exprime de plus en plus, et de mieux en mieux. Elle connaît la moitié de l'alphabet. Plus quelques chiffres. Les livres la passionnent, les petites autos et les poupées aussi. Elle comprend absolument tout, et est capable de beaucoup de reflexion quand il s'agit d'obtenir une chose qu'elle désire. Elle est aussi mainipulatrice que son papa !

Elle teste nos limites, fait des bêtises, des caprices (ce mot tabou), aussi.  J'essaie de l'écouter, d'être là pour elle, de lui permettre d'être la plus libre possible, tout en posant un cadre et des limites claires. De tenir bon quand il le faut, et de lâcher prise quand je le peux. De ne pas trop crier, presque jamais, si possible. De prendre le temps, de la laisser grandir à son rythme, de prendre tout le temps d'observer les cailloux et les fleurs. Je fais mon possible pour mettre la vie sur pause, en mode pédale douce. De ne pas la blesser, de lui apprendre à ne pas blesser. Je voudrais qu'elle déborde de la confiance qui m'a manqué. Je voudrais qu'elle sache que rien n'est vraiment grave, tant qu'elle est heureuse.

 

Je ne sais pas encore de quoi cette catégorie sera faite. Sans doute d'anecdotes et de moments de rien, de remises en question de la façon dont mon mari et moi éduquons notre fille, de retours en arrière sur des choses et périodes plus marquantes que d'autres. Peut-être que je parlerai de l'allaitement, celui que j'ai refusé longtemps, et qu'elle a finalement mis en place 30 minutes après sa naissance et pour près d'un an, et qui m'a comblé bien plus que je n'aurais pu l'imaginer.